Association pour le Soutien et le Développement de l'accueil VIVRE ENSEMBLE AVEC LES PERSONNES AGEES ET ADULTES HANDICAPES Affiliée à FAMIDAC Association pour le Soutien et le Développement de l’Accueil Familial L’Association pour le Soutien et le Développement de l’Accueil Familial L'ASDAF34 (anciennement FNAF 34) est une association LOI 1901 d’accueillants familiaux agréés par le Conseil Général de l’Hérault, qui s’engagent à partager leur domicile avec les personnes accueillies, dans le respect de la dignité, de l’identité et de la vie privée de celles-ci. Chaque adhérant s'engage à signer et respecter notre charte de qualité


Ajouté le 01/03/2017 par MD

Depuis 2005, de nombreuses personnes nous signalent que l’APA de personnes âgées est anormalement réduite lorsqu’elles quittent leur propre domicile pour un accueil familial. Jean BUFFO, administrateur de Famidac et fondateur de l’association "Accueil Familial en Tarn-et-Garonne", tenait à faire corriger cette anomalie. Il est malheureusement décédé en février 2006, d’une rupture d’anévrisme. En sa mémoire, Francine BUFFO a tenu à poursuivre jusqu’au bout le procès qu’il avait engagé contre le conseil général de Tarn-et-Garonne, au nom de l’association et avec l’aide de son ami avocat, Maître Bernard Debaisieux. 8 ans après, il est grand temps pour les départements "fautifs" de corriger leurs erreurs d’interprétation des lois, au détriment de personnes âgées ou handicapées lésées pendant de si nombreuses années...


http://www.famidac.fr/article4707.html

Cour administrative d’appel de Bordeaux, 4 décembre 2012 :

 

Condamnation d’un Département qui limitait l’allocation personnalisée d’autonomie aux indemnités de sujétions particulières, hors rémunération des services rendus par l’accueillant et sans prise en compte du plan d’aide.

 

 

Résumé du jugement du 4 décembre 2012 :

Type de recours : excès de pouvoir - règlement départemental de l’aide sociale - dépenses à prendre en compte pour le calcul de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ... mais également de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), fondée sur le même principe.

S’il incombe aux départements d’organiser et d’assurer le financement des prestations sociales autres que celles relevant de la compétence de l’Etat, le pouvoir réglementaire qui leur est attribué leur permet seulement, sur le fond, de décider de conditions et de montants plus favorables que ceux prévus par les lois et règlements nationaux (article L.121-4 du code de l’action sociale et des familles).

Par ailleurs, les dépenses prises en compte pour déterminer le montant de l’allocation personnalisée d’autonomie sont énumérées à l’articleR.232-8 du code de l’action sociale et des familles.

La délibération du conseil général ne retenant, comme charges à prendre en compte, que les «indemnités de sujétions particulières» et des «frais spécifiques», lesquels ne sont pas au nombre des dépenses visées par l’article R.232-8 et, en revanche, excluant la rémunération des services rendus par l’accueillant, que cet article cite, méconnaît les limites du pouvoir réglementaire des départements comme les règles fixant le montant de cette allocation,

Enfin, l’article R.231-4 du même code prévoyant que le placement d’une personne âgée ou handicapée à titre onéreux chez un particulier donne lieu à une prise en charge, au titre de l’aide sociale, en considération d’un plafond constitué notamment par la rémunération et les indemnités de congés payés de l’accueillant, le département ne peut, sans méconnaître les limites de son pouvoir réglementaire et l’article précité, décider de limiter cette prise en charge au coût le plus élevé en structure privée sur le territoire de cette collectivité.

Ce jugement fait jurisprudence : plusieurs autres Départements qui, comme le Tarn-et-Garonne, ont méconnu ces règles devront réviser leurs pratiques.

De nombreuses personnes accueillies sont encore, et depuis trop longtemps, lésées de leurs droits ... au détriment de leurs accueillants.

Si vous êtes dans ce cas,

Jugement N° 11BX01663, sans recours, rendu le 4 décembre

2012 par la Cour administrative d’appel de Bordeaux

Président : M. DRONNEAU Rapporteur : M. Jean-Michel BAYLE Commissaire du gouvernement : M. GOSSELIN Avocats en présence : DEBAISIEUX

Vu la requête enregistrée sous forme de télécopie le 11 juillet 2011 et régularisée par courrier le 18 juillet 2011 présentée pour l’association "Accueil familial en Tarn-et-Garonne" dont le siège social est situé 4825 route de Vignarnaud à Montauban (82000), représentée par son président en exercice, par

Me Debaisieux ;

L’association "Accueil familial en Tarn-et-Garonne" demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement n° 0603181 en date du 10 mai 2011 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l’annulation de la décision du président du conseil général de Tarn-et-Garonne du 13 juillet

2006, refusant d’abroger la délibération de cette assemblée du 27 juin 2005 portant additif au règlement départemental d’aide sociale ;

2°) d’annuler la décision du 13 juillet 2006 ;

3°) d’enjoindre au président du conseil général, sous astreinte s’il y a lieu, de saisir cette assemblée aux fins d’abrogation de la délibération du 27 juin 2005 ;

4°) de mettre à la charge du département de Tarn-et-Garonne le versement de

la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

(...)

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de l’action sociale et des familles ;

Vu le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience ;

Après avoir entendu au cours de l’audience publique du 6 novembre 2012 :

• le rapport de M. Jean-Michel Bayle, président-assesseur ;

• les conclusions de M. Olivier Gosselin, rapporteur public ;

• et les observations de Me Debaisieux, avocat de l’association "Accueil

familial en Tarn-et-Garonne" ;

1. Considérant que, par délibération du 27 juin 2005, le conseil général de

Tarn-et-Garonne a modifié le règlement d’aide sociale en ce qui concerne l’accueil en famille des personnes âgées ou handicapées, en décidant, d’une part, que l’allocation personnalisée d’autonomie allouée à un bénéficiaire accueilli en famille couvrira les dépenses liées à la dépendance, à savoir les indemnités de sujétions particulières et les frais spécifiques, d’autre part, que les dépenses couvertes par l’aide sociale seront limitées au coût le plus élevé d’un accueil en structure privée en Tarn-et-Garonne et qu’elles seront constituées de l’ensemble des frais portés sur les divers éléments du contrat pour les personnes handicapées et les mêmes frais pour les personnes âgées à l’exception des compléments pour sujétion déjà couverts par l’allocation personnalisée d’autonomie ; que, par le jugement du 10 mai 2011, contre lequel l’association "Accueil familial en Tarn-et-Garonne" forme régulièrement appel, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande de cette dernière tendant à l’annulation de la décision du président du conseil général du 13 juillet 2006 refusant de saisir l’assemblée délibérante de l’abrogation de la délibération précitée ;

Sur la légalité de la délibération :

2. Considérant qu’aux termes de l’article L. 121-3 du code de l’action sociale

et des familles : " Dans les conditions définies par la législation et la réglementation sociales, le conseil général adopte un règlement départemental d’aide sociale définissant les règles selon lesquelles sont accordées les prestations sociales relevant du département " ; qu’aux termesde l’article L. 121-4 de ce code : " Le conseil général peut décider de conditions et de montants plus favorables que ceux prévus par les lois et règlements applicables aux prestations mentionnées à l’article L. 121-1. Le département assure la charge financière de ces décisions... " ; qu’en vertu desarticles L. 232-2 et suivants du code mentionné ci-dessus et des articles L.131-1 et suivants du même code, l’aide personnalisée d’autonomie et l’aidesociale constituent des prestations sociales dont la charge incombe auxdépartements ;

En ce qui concerne les dispositions relatives à l’allocation personnalisée d’autonomie :

3. Considérant qu’aux termes de l’article L. 232-5 du code de l’action sociale

et des familles, dans sa rédaction issue de la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002, alors applicable : " Pour l’application de l’article L. 232-3, sont considérées comme résidant à domicile les personnes accueillies dans les conditions fixées par les articles L. 441-1 à L. 443-10... " et qu’aux termes de l’article L.442-1 de ce code, dans sa rédaction issue de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002, applicable : " Toute personne accueillie au domicile d’un accueillant familial (...) passe avec ledit accueillant un contrat écrit... Ce contrat précise la nature ainsi que les conditions matérielles et financières de l’accueil. Il prévoit, notamment :

1° une rémunération journalière des services rendus ainsi qu’uneindemnité de congé calculée conformément aux dispositions de l’article L.223-11 du code du travail ;

 2° Le cas échéant, une indemnité en cas desujétions particulières ;

3° Une indemnité représentative des frais d’entretiencourant de la personne accueillie ;

4° Une indemnité représentative de mise àdisposition de la ou des pièces réservées à la personne accueillie... " ;

qu’aux termes de l’article R. 232-8 du même code :

" L’allocation personnaliséed’autonomie est affectée à la couverture des dépenses de toute nature figurant dans le plan d’aide élaboré par l’équipe médico-sociale mentionnée à l’article L. 232-3. /

Ces dépenses s’entendentnotamment de la rémunération de l’intervenant à domicile, du règlement des frais d’accueil temporaire, avec ou sans hébergement, dans des établissements ou services autorisés à cet effet, du règlement des services rendus par les accueillants familiaux mentionnés à l’article L. 441-1 ainsi que des dépenses de transports, d’aides techniques, d’adaptation du logement et de toute autre dépense concourant à l’autonomie du bénéficiaire";

4. Considérant qu’il résulte de ces dispositions que, pour l’attribution et la détermination du montant de l’aide personnalisée d’autonomie, la personne accueillie au domicile d’un accueillant familial doit être considérée comme résidant à domicile ; que l’aide personnalisée d’autonomie à laquelle cette personne peut prétendre doit couvrir, par application de l’article R. 232-8 précité du code de l’action sociale et des familles, les services rendus par les accueillants familiaux ; que, par suite, en décidant, par la délibération attaquée, que l’allocation personnalisée d’autonomie ne couvrira que les indemnités de sujétions particulières et les frais spécifiques, sans prendre en compte la rémunération des services rendus par les accueillants familiaux dans ce cadre, le conseil général de Tarn-et-Garonne, qui ne peut utilement se prévaloir de notesd’information du ministère des affaires sociales, du travail et de lasolidarité et du ministère de la santé, de la famille et des personneshandicapées, dépourvues de caractère réglementaire, a, en violation del’article L. 121-4 de ce code, instauré un régime moins favorable que celui prévu par l’article R. 232-8 du code de l’action sociale et des familles et méconnu les dispositions de ce dernier article ;

En ce qui concerne les dispositions relatives à l’aide sociale à l’hébergement :

5. Considérant qu’aux termes de l’article L. 231-4 du code de l’action sociale

et des familles : " Toute personne âgée qui ne peut être utilement aidée à domicile peut être placée, si elle y consent, dans des conditions précisées par décret, soit chez des particuliers, soit dans un établissement de santé ou une maison de retraite publics, ou, à défaut dans un établissement privé. / En cas de placement dans un établissementpublic ou un établissement privé, habilité par convention à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale, le plafond de ressources précisé à l’article L.231-2 sera celui correspondant au montant de la dépense résultant duditplacement. Le prix de la journée dans cet établissement est fixé selon laréglementation en vigueur dans les établissements de santé " ; qu’aux termesde l’article R. 231-4 de ce code :

" Le placement à titre onéreux chez un particulier au titre de l’aide sociale donne lieu à une prise en charge déterminée par la commission d’admission à l’aide sociale, compte tenu :

 1° D’un plafond constitué par la rémunération et les indemnités

mentionnées aux 1° et 2° de l’article L. 442-1, le cas échéant selon la convention accompagnant l’habilitation à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale ;

2° Des ressources de la personne accueillie, y compris celles résultant de l’obligation alimentaire... " ;

6. Considérant qu’il résulte de ces dispositions que, lorsqu’une personne âgée ou handicapée bénéficie d’un placement à titre onéreux chez un accueillant, la prise en charge à laquelle elle peut prétendre au titre de l’aide sociale, fixée par la commission d’admission à l’aide sociale, doit être déterminée en considération d’un plafond constituée par la rémunération des services rendus par l’accueillant et les indemnités de congé auquel ce dernier a droit, ainsi que, le cas échéant, l’indemnité pour sujétions particulières, telles que prévues par le contrat conclu entre la personne âgée ou handicapée et l’accueillant par application de l’article L. 442-1 du code de l’action sociale et des familles ; que, par suite, le conseil général de Tarn-et-Garonne ne pouvait, sans méconnaître l’article R. 231-4 de ce code, décider que la prise en charge par l’aide sociale des personnes âgées ou handicapées bénéficiant d’un accueil familial serait plafonnée au coût le plus élevé d’un accueil en structure privée dans le département ;

7. Considérant qu’il résulte de tout ce qui précède que, sans qu’il soit besoin

de statuer sur la régularité du jugement, l’association " Accueil familial en Tarn-et-Garonne ", dont la demande devant les premiers juges était recevable dès lors que la lettre du président du conseil général de Tarn-et-Garonne du 13 juillet 2006 révélait le refus de cette autorité de saisir l’assemblée délibérante de la demande d’abrogation de la délibération du 27 juin 2005, est fondée à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande ;

Sur les conclusions aux fins d’injonction :

8. Considérant que le présent arrêt implique que, nécessairement, le président du conseil général de Tarn-et-Garonne saisisse cette assemblée délibérante aux fins de lui soumettre l’abrogation de la délibération du 27 juin 2005 modifiant le règlement départemental d’aide sociale ; que, dès lors, il y a lieu d’enjoindre au président du conseil général de soumettre à l’assemblée délibérante l’abrogation de la délibération précitée ;

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Considérant que, dans les circonstances de l’affaire, il y a lieu de mettre à la charge du département de Tarn-et-Garonne le versement de la somme de 1.500 euros à l’association " Accueil familial en Tarn-et-Garonne " au titre des

frais exposés et non compris dans les dépens, en application de l’article L.

761-1 du code de justice administrative :

DECIDE :

Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Toulouse du 10 mai 2011

et la décision du président du conseil général de Tarn-et-Garonne du 13 juillet

2006 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au président du conseil général de Tarn-et-Garonne de saisir cette assemblée délibérante de l’abrogation de la délibération du 27 Juin 2005 modifiant le règlement départemental d’aide sociale.

Article 3 : Le département de Tarn-et-Garonne versera la somme de 1 500 euros à l’association " Accueil familial en Tarn-et-Garonne " enapplication de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Suite à ce jugement nous avons adressé une lettre à Mr VEZINHET Président du Conseil Général de l’Hérault.

Vous pouvez également faire écrire une lettre à vos accueillis, ou leur famille ou attendre la réponse que le Conseil Général nous fera.


Modèle de lettre :

Md ou/et Mr…..

Adresse……..

Service de l’APA….. (en fonction de l’adresse des personnes)

Monsieur,

Je suis à l’heure actuelle hébergé en famille d’accueil, chez Md ou Mr………….

Suite au jugement du 4 Décembre 2012 de la cour administrative d’appel de Bordeaux,

Je vous demande la révision du montant de l’APA conformément au jugement ci-joint.

Je vous demande également le montant moins perçu depuis mon entrée le……….. en famille d’accueil.

En espérant une réponse positive de votre part

Veuillez recevoir, Madame Monsieur, l’expression de mes sincères salutations.


 

 

 

 


Ajouté le 22/02/2013 par MD

 

Bonjour, 

 

L'article de Psychologies magazine ("J’ai confié ma mère à une famille d’accueil", voir http://www.famidac.fr/article3774.html) a éveillé l'attention d'autres médial ... qui nous sollicitent pour des émissions ou reportages sur ce sujet.

C'est ainsi que Marie-Pierre CASSIGNARD, journaliste de France 2, a passé, vendredi dernier, cinq heures chez Christelle NICOLAS, membre de Famidac, accueillante familiale en Gironde, en présence de ses accueillies et de certains de leurs proches. 

Surveillez les prochains JT de 20h, sur France 2 (normalement, la semaine prochaine) : le résultat de ces cinq heures de tournage sera condensé en un reportage de trois minutes. Ça semble court, mais c'est déjà pas mal pour faire (re)découvrir l'accueil familial aux millions de téléspectateurs de ce JT !

David Artur, également de France 2, prépare une prochaine émission plus "étoffée" et m'écrit ceci : 

Cher M. Frommelt, 
Suite à notre conversation téléphonique, je vous fais part de ma recherche dans le cadre d'un sujet à réaliser pour l'émission de Sophie Davant sur France 2 "C'est au programme". En ce qui concerne la personne accueillie, je suis à la recherche d'une personne âgée de plus de 60 ans pouvant avoir ou non un début d'Alzheimer. Il est important pour moi de pouvoir montrer au plus juste le travail nécessaire fait par les personnes "accueillante" de votre association. 
En raison des fêtes de fin d'année, pour que ce tournage soit réalisable, j'ai besoin de trouver une "accueillante" et une "plaçante" avant le 21 décembre 2011.
 

Voici mon annonce : 
Suite à l'article paru dans "Psychologies magazine" et dans le cadre de l'émission de Sophie Davant sur France 2 "C'est au programme", je suis à la recherche d'une "accueillante" et d'une "accueillie" (avec l'accord de sa famille) qui accepteraient que l'on puisse venir filmer pendant une journée leur quotidien. 
Pour compléter ce sujet, je souhaiterais pouvoir interviewer le même jour un membre de la famille de la personne accueillie afin qu'il ou elle nous explique son point de vue sur la démarche effectuée afin de trouver une famille d'accueil pour son père ou sa mère. 
Le tournage aura lieu le vendredi 6 janvier 2012 et il peut se dérouler n'importe où en France. 

Cordialement, 
David Artur
Pour éviter de crouler sous les appels, David Artur nous a demandé de recueillir vos candidatures et de ne lui retransmettre que celles qui correspondent exactement à ses attentes. 
Si vous accueillez une ou plusieurs personnes âgées de plus de 60 ans qui accepteraient d'être filmée(s), connectez-vous à votre compte puis utilisez le lien "Communiquer avec Famidac."

Vous retrouverez les autres actualités de ce mois-ci en page d'accueil de http://www.famidac.fr.
A voir également, sur nos forums, les derniers sujets en cours de discussion (cette liste s'actualise à chaque nouveau post) :
Ces forums ne sont pas qu'une "foire aux questions - réponses" : merci à tous ceux qui, par leurs messages et témoignages constructifs, participent à l'amélioration des accueils familiaux !  

A bientôt ...
Courtoisement,
Pour l'association Famidac
Étienne Frommelt, Président
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http://www.famidac.fr : l'association des accueillants familiaux et de leurs partenaires


Ajouté le 15/12/2011 par FAMIDAC

 

2011 : J’ai confié ma mère à une famille d’accueil

Auteur : Juliette BRIARD, Psychologies magazine n° 312 (novembre 2011), pages 106 à 110.

Psychologies-Magazine n° 312 {JPEG}Choisir une autre famille pour prendre en charge nos parents : une solution plus humaine qu’une maison de retraite, mais qui nécessite d’être au clair sur ses motivations. Enquête et témoignages croisés d’une « plaçante » et d’une « accueillante ».

Psychologies-Magazine n° 312

Le coup de téléphone a ébranlé Josiane : « C’étaient les voisins de ma mère. Elle errait seule dans la rue, complètement désorientée. » Impossible d’attendre davantage : à 82 ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer, Lucienne ne peut plus vivre seule.

Josiane, sa sœur et son frère ont donc étudié les possibilités de prise en charge. Du personnel à domicile ? Trop cher. Une maison de retraite ? Trop associée à la maladie et à la mort, alors que Lucienne n’a aucun problème de santé physique. La placer en famille d’accueil semblait la meilleure solution.

Durant des semaines, les trois enfants ont recherché parmi leurs connaissances et par le biais d’associations une famille agréée capable de prendre soin de leur mère. C’est finalement chez Malika [1], mère célibataire, et son fils, que Lucienne est partie vivre, après de nombreuses visites et une période d’essai d’un mois. « Elle a mis un peu de temps à s’adapter à nous, elle se plaignait souvent, se souvient Malika. Mais, maintenant, nous nous entendons très bien. »

Josiane s’enthousiasme : « Elle est heureuse, elle a repris du poids, c’est un vrai soulagement. » Moins anonyme que les institutions, moins cher aussi, l’accueil familial des personnes âgées présente beaucoup d’avantages. Pourtant, cette solution fait parfois naître des souffrances inattendues.

Dépasser le sentiment d’échec

« Placer son parent en établissement est un acte plus neutre que de le mettre en famille d’accueil, assure Jean-Claude Cébula [2], psychologue clinicien spécialiste de l’accueil des personnes âgées. On ne projette pas les mêmes choses sur une maison de retraite que sur une famille. Très vite, une sorte de rivalité peut s’installer, ce que j’appelle le conflit de loyauté. »

Car les attentes envers les accueillants se révèlent contradictoires : l’enfant espère que son parent sera heureux, mais redoute ce bonheur, qui lui renverrait son échec à prendre soin de lui. « Pourquoi eux sont-ils capables de s’occuper de ma mère et pas moi ? » devient une question lancinante, qui peut être source de honte, de jalousie et de conflits.

« J’aurais certainement pu garder maman chez moi, avoue Bertrand, 40 ans, en recherche d’une famille d’accueil pour sa mère, Marie, 82 ans. Sauf que ça me rend malade de la voir ainsi, parfois, elle ne me reconnaît plus. Je ne pourrais pas le supporter tous les jours. »

Choisir une nouvelle famille pour son parent, c’est admettre sa propre défaillance à prendre en charge celui qui nous a élevé et qui a besoin de notre aide aujourd’hui. Pourtant, les psychologues tiennent un discours rassurant : il n’est jamais facile de s’occuper de son parent vieillissant, ni d’assumer cette inversion des rôles.

Voir sa mère ou son père vieillir s’apparente à un long deuil ; il est compréhensible de vouloir échapper à cette souffrance, ou au moins l’alléger. Sans compter les rancœurs qui peuvent resurgir du passé. Un frère préféré, un manque de soutien, une trop grande absence... Les émotions entrent en opposition avec le devoir « naturel », et le soulagement de savoir son père ou sa mère entre de bonnes mains se mêle à l’impression honteuse de s’en débarrasser.

Trouver sa place dans un « triangle émotionnel »

Parfois, ces sentiments antagonistes poussent les familles naturelles à se réapproprier un rôle dont elles se sentent, paradoxalement, dépossédées. « Leur mal-être se traduit par une intrusion dans la vie de la famille d’accueil, constate Claribel Girbelle, conseillère bénévole à Famidac, principale association de placement de personnes âgées en France. Les enfants tentent de reprendre le contrôle, critiquant les méthodes des accueillants, la nourriture, en passant à l’improviste... L’accueil devient alors une souffrance pour les deux parties. »

Claribel Girbelle rapporte le cas de certaines fratries qui, plutôt que de gérer cette culpabilité, ont préféré placer leur parent en institution alors que celui-ci affirmait se sentir bien dans sa famille d’accueil. Étienne Frommelt, président de Famidac, remet les choses au clair : « II n’y a pas une bonne et une mauvaise famille. Le cercle naturel reste essentiel, et les accueillants n’ont pas vocation à être une famille de substitution. » Ils agissent dans un cadre professionnel et sont formés pour s’occuper des personnes en perte d’autonomie. Ils ne sont pas liés à elles par le même attachement que l’entourage naturel, et n’ont nul désir de prendre sa place.

Pour éviter méprises et incompréhension, il n’y a qu’une solution : se parler. « Rien de bon ne peut arriver si l’accueil devient un huis clos, affirme Étienne Frommelt. Pour qu’une relation de confiance se crée, chacune des familles doit prendre conscience du rôle qui lui incombe dans ce triangle émotionnel. Sans qu’il y ait de tensions ni de reproches de leur part ou de celle de la personne âgée. » Et sans se laisser ronger par une culpabilité injustifiée.


Malika, accueillante familiale {JPEG}Malika, 51 ans, accueillante de Lucienne

« Je me sens un peu magicienne »

« Quand j’ai rencontré Lucienne la première fois, elle m’a paru douce et gentille. J’avais eu deux très mauvaises expériences, avec des vieilles femmes violentes et grossières ; Lucienne était calme, même si j’ai bien senti ses réticences à venir vivre avec moi. Je me suis dit : "On va s’apprivoiser ensemble."

Au début, elle restait prostrée, repliée sur elle-même. Je crois qu’elle avait beaucoup de mal à accepter sa dépendance. Mais, peu à peu, elle a retrouvé la parole, a recommencé à manger et à prendre soin d’elle, à mettre ses bijoux, à se maquiller... Elle danse aussi et, surtout, elle rit. C’est gratifiant de voir qu’elle va mieux grâce à moi. Je me sens un peu magicienne !

Je l’aide dans ses gestes quotidiens, comme sa toilette ou ses vêtements, mais les choses dont elle est encore capable, elle les fait seule. C’est parfois dur, je dois être un peu ferme pour l’empêcher de se laisser aller. Mais tout faire à sa place, ça ne lui rendrait pas service. Je tiens à ce qu’elle reste autonome le plus longtemps possible, pour son bien... et pour le mien.

Lucienne se sent bien chez nous. Elle aime ma cuisine, elle joue souvent avec le chien, et elle adore mon fils, Dorian, qu’elle trouve très beau ! Ce qui ne l’empêche pas d’attendre les appels de ses enfants avec impatience. Il y a beaucoup d’affection entre nous, beaucoup d’amour, mais je ne mélange pas les choses : elle ne fait pas partie de ma famille. Lucienne, c’est mon travail. »


Josiane, fille de Lucienne {JPEG}Josiane, 59 ans, fille de Lucienne

« Ses progrès ont eu raison de notre inquiétude »

« Ma mère vivait seule et elle n’arrivait plus à s’occuper d’elle-même. Elle ne se lavait plus, ne se nourrissait plus, et les visites des voisins n’étaient plus suffisantes. Elle a fait une chute grave, c’est à ce moment-là qu’on lui a diagnostiqué un début d’Alzheimer. Aucun de nous trois - j’ai un frère et une sœur - ne pouvait la prendre chez lui. Nous avons tous nos soucis, notre travail, nos enfants...

De mon côté, c’était aussi un refus sentimental : ma mère a toujours préféré mon frère, et j’aurais ressenti une profonde injustice à devoir prendre soin d’elle alors qu’elle ne l’a jamais fait pour moi.

Malika nous a fait bonne impression. Sa maison était belle et grande, avec un joli jardin, et ma mère avait l’air contente. Pour ne pas la brusquer, nous lui avions dit qu’elle ne resterait là que le temps de se sentir mieux. Quand elle a compris qu’elle ne retournerait jamais dans son appartement, elle a commencé à se plaindre, à dire qu’elle était mal traitée...

Au début, mon frère et moi passions à l’improviste pour voir comment se déroulait le quotidien. Il était clair qu’elle cherchait seulement à nous apitoyer. Mon frère lui a expliqué que c’était soit la famille d’accueil, soit la maison de retraite, et elle a fini par accepter la situation.

Aujourd’hui, elle va beaucoup mieux. Sa bonne santé et ses progrès pour retrouver la parole ont eu raison de nos inquiétudes, et nous sommes soulagés d’avoir pris la bonne décision. »

Propos recueillis par J.B.

 

Ajouté le 01/11/2011 par Juliette Briard